L'Amitient...

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Là où les arts manuels visent le développement des aptitudes de l'individu,
tout en encourageant l'expression de son talent artistique.

 

 


Merci à tous nos commanditaires lors des Portes Ouvertes de septembre 2008!

 

Au printemps 2006, Mme Mariette Rousseau-Vermette,
cofondatrice de L'Amitient, quittait ce monde.
In Memoriam

Bref historique.
À la fin des années 1980, la famille Vermette ressent le besoin d’un endroit calme, sécuritaire et chaleureux pour son fils Jérôme. Celle des Giguère présente les mêmes besoins pour leur fille Anne. Luc Bergeron et Shelley Mathews se montrent intéressés à prendre la direction d’une telle résidence pour handicapés intellectuels. Avec l’endossement des quatre parents, une hypothèque permet l’achat d’une grande ferme en 1989.
L’Amitient était né !
Une première maison (plus tard baptisée « Luc Chapdelaine ») capable d’accueillir adéquatement des pensionnaires est construite. On y prévoit déjà un atelier de tissage, occasion que Mariette, peintre lissier de renom,   ne peut pas laisser  passer ! Jérôme obtient son atelier de sculpture un peu plus tard.
En 1998, l’Amitient fait l’acquisition d’une deuxième maison, nommée « Lucie Gervais » qui ne tarde pas à recevoir des « amis ».
Finalement, en 2005, l’achat d’une troisième propriété dite « Jean de Grandpré » consolide la mission de l’Amitient.
Implication de Mariette.
Membre actif du conseil d’administration depuis les tous débuts, Mariette, par son bon jugement, son intelligence et sa sensibilité supportait les autres membres du  conseil dans la prise de décisions.
À l’occasion de chaque levée de fonds, de chaque « porte ouverte » et chaque « récolte annuelle », Mariette était présente avec son sourire, sa vivacité et son dévouement.
Son implication personnelle auprès des responsables du  Salon des Métiers d’Arts du Québec  a rendu possible l’exposition des différentes pièces de tissage faites par les « amis » et, surtout,  a fait   connaître davantage l’organisme au grand public.
Nous pleurons son départ mais nous sommes assurés que sa présence sera ressentie pour longtemps sinon pour toujours à l’Amitient.


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Jérôme fait montre de ses talents.


L'Atelier de Jérôme.

En 2002, Macadam Tribu , de la première chaîne de Radio-Canada (reportage de Stéphane Gasc.), présentait Jérôme Vermette comme suit:
Jérome, 42 ans, autiste : je sculpte donc je suis.
M. Gasc écrivait alors: « À St-Jovite, dans les Laurentides, Luc et Shelley gèrent l'Amitient , une ferme socio-thérapeutique pour autistes. Depuis une dizaine d'années, avec l'aide de la nature et de l'État, cette communauté vit une expérience originale. Elle propose une alternative aux traitements classiques en institutions psychiatriques.
Pour Luc et Shelley les autistes sont plus que des patients, ce sont des amis qui ont tous un rôle à jouer au sein de la ferme.

En 2005, Jérôme écrivait:
Cette année en 2005, j'ai eu des grosses opérations chirurgicales dans l'oeil gauche. La convalescence fut très longue avec les examens au CHUM de l'hôpital Notre-Dame de Montréal.
Mes sculptures des oiseaux et de la faune des Provinces de l'Ouest descendent vers Sainte-Adèle pour le vernissage qui aura lieu à la Galerie Rousseau dans le Vieux Montréal.
Jérôme H. Vermette (Ami)
L'ours blanc.

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repas_en_famille Repas en famille avec Abraham.

Quelques extraits de:

Aidons-nous les uns les autres par Léon René de Cotret,
publié dans Société, Guide Ressources en avril 2001.

Des gens modernes, majeurs et vaccinés accueillent dans leur famille des handicapés intellectuels et ils en redemandent... Pourquoi? Parce que c'est une belle façon de retrouver le sens véritable du mot «communauté».
Luc Bergeron et Shelley Mathews ont fondé la ferme socio-thérapeutique L'Amitient à Saint-Jovite, dans les Laurentides, il y a 11 ans. Ils y accueillent sept personnes handicapées intellectuelles. Je m'y suis rendue pour essayer de comprendre ce qui pouvait bien motiver ce couple à leur consacrer leur vie: mission, appel religieux, altruisme débridé, ou peut-être le besoin de se faire pardonner quelque chose?
Aucune de ces réponses ne convenait parce que ma prémisse était erronée. Malgré les apparences, leur intention première n'est pas tant de consacrer leur vie aux personnes handicapées que d'expérimenter une forme de vie communautaire. Présenté de cette façon, ce projet semble avoir été conçu par des rêveurs ou des illuminés. Sur place, c'est pourtant implacablement terre à terre, organisé, concret... et exigeant.
Dans une grande salle commune, je suis accueilli pour dîner par Catherine, une belle jeune fille au regard direct et pétillant, qui travaille et vit à L'Amitient depuis quelques mois. Asako, une stagiaire d'origine japonaise, est de passage pour la semaine. Elle s'occupe surtout d'Abraham, 38 ans, qui demeure à la ferme depuis sa fondation et qui exige une attention constante. Bientôt, Luc et Shelley et quatre autres pensionnaires (qu'on appelle ici des amis) reviennent de leur visite bimensuelle chez le grossiste en alimentation (.) Chacun a une tâche précise en fonction de ses capacités: mettre la table, servir puis desservir, passer le balai, faire la vaisselle... La vie normale, quoi. Toutefois, dans leurs cas, il s'agit d'exploits quand on sait que ces simples actions peuvent avoir nécessité des mois d'apprentissage.
À table.
Au diner, Abraham, fidèle à son habitude, m'explique-t-on, tente de faire glisser sa chaise à reculons malgré le poteau auquel elle est adossée. (.) Denis, souriant et expansif, s'exprime avec certains mots codés de son invention: araigna pour «fromage» ou kiropaké pour «c'est pas drôle».
(.)
Le tour du propiétaire.
Dans la maison principale, en plus de la salle commune, Luc, Shelley et 3 de leurs enfants (âgés de 9, de 13 et 18 ans) possèdent leurs quartiers «semi-privés». Au sous-sol: chambres froides et ateliers de tissage. Huguette Beauséjour s'occupe de l'autre maison, qui se trouve 200 mètres plus loin. Caroline, une jeune éducatrice spécialisée y vit également ainsi que 2 amis: Anne et Jérôme. Celui-ci, intarissable, m'accueille chaleureusement:«Bonjour, vous êtes journaliste; je suis sculpteur, voici ma carte. Je prends vos coordonnées en note. (.) Nous visitons ensuite la ferme. D'une superficie de 135 acres, elle comprend des boisés, des champs et de grands jardins, tandis que la ménagerie compte quelques vaches, un cheval, des chèvres, des lapins et des chats.
(.)
Luc et Shelley insistent sur la signification du concept de ferme socio-thérapeutique. L'environnement agricole de la ferme donne l'occasion d'accomplir un travail réellement productif. Elle permet aussi de mieux apprécier l'interdépendance entre l'humain et son milieu et de savoir que le pain ne provient pas de l'épicerie mais de grains de blé que l'on doit mettre en terre, laisser pousser, récolter, battre, moudre, mélanger à l'eau et faire cuire.
(.)
«Les aspects sociaux et thérapeutiques ne concernent pas seulement les handicapés. Il s'agit réellement d'une action réciproque, d'un apport mutuel entre les personnes intellectuellement déficientes et les personnes soi-disant «normales». Les handicapés ont quelques chose à apporter à la société, comme chacun de nous. (.) Les personnes déficientes ont absolument besoin d'être entourées. Elles ne peuvent pas vivre seules. (.) Comme les enfants, elles sont dépendantes de nous, mais elles sont moins soumises et revendiquent plus que les enfants. (.) Elles régressent rapidement si nous ne respectons pas nos engagements envers elles».
(.)
Avant de fonder L'Amitient, Luc et Shelley ont été responsables d'un foyer de sept adultes déficients à la Maison Emmanuel de Val-Morin. Cette maison fait partie d'un réseau de résidences communautaires appelé Camphill qui s'inspire des enseignements du philosophe et scientifique Rudolf Steiner et qui compte plus de 85 établissements répartis dans 16 pays.
(.)
Luc et Shelley rappellent que de telles idées ne relèvent pas de l'utopie ni de l'altruisme idéalisé; elles se basent sur une approche communautaire à laquelle tous les membres participent et dont chacun bénéficie largement.

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Une ressource alternative par Caroline Dubois (L'Intégral, mai 2001.)

Lors de ma première visite à la ferme L'Amitient, ma réaction spontanée fut de dire: «Wow! Ça existe un tel milieu de vie et de travail où tous sont égaux et où la relation d'interdépendance prime et non la relation intervenant/bénéficiaire». Personnellement, j'ai suivi mon cours en éducation spécialisée, où on ne m'a jamais parlé de cette approche communautaire. Justement, voilà l'intention de cet article: vous présenter à vous, parents, intervenants, étudiants, etc., une alernative d'inspiration communautaire.
Exactement, qu'est-ce que L'Amitient? C'est une ferme sociothérapeutique qui offre à tous les membres de la communauté, dont les adultes ayant un handicap intellectuel, un milieu de vie et de travail épanouissant. Ainsi, la ferme devient un outil éducatif et thérapeutique permettant de développer le potentiel social, intellectuel, spirituel et artistique de chacun. Chaque jour est rempli d'activités qui alternent entre le travail physique (soins aux animaux, entretien et récolte dans les jardins, préparation du bois de chauffage et de construction, etc.) , le travail artistique (cuisine, tissage, feutre, aquarelle, etc.) et les loisirs (marche, baignade à la rivière, coloriage, lecture, sorties, etc.). Bref, avec un minimum de ressources, nous réussissons à créer un milieu de vie offrant une multitude de possibilités adaptées aux capacités et intérêts de chaque individu.
Dans l'avenir, nous souhaitons développer notre communauté en bâtissant de l'espace pour recevoir d'autres gens, mais aussi en partageant notre expérience avec la communauté élargie. Effectivement, de par ce projet, nous voulons ouvrir une porte à toutes les personnes qui recherchent une nouvelle façon de vivre plus en harmonie avec soi, avec les autres et avec la nature. Peut-être que ça vous semble idéaliste, mais la vie à L'Amitient est exemple concret d'une micro-société où chaque individu participe pleinement et en bénéficie largement. D'ailleurs, nous ne sommes pas seuls. Au Québec, il y a la Maison Emmanuel et les maisons l'Arche qui sont des projets semblables, et ailleurs dans le monde, il y a tout un réseau de résidences communautaires appelé Camphill.
Ainsi la graine est semée. Alors, si l'appel germe en vous, n'hésitez pas à communiquer avec nous au 819-425-9574. Et il n'y a pas juste une façon de s'impliquer. Mais, s'informer, c'est un début!

denis et alain à l'atelier de tissage
Denis et Alain à l'atelier de tissage.

 

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